Architecture

À Pantin, des seuils en bois remplacent les cloisons dans une maison de 60 m²

Sols continus, verrières et seuils en bois : à Pantin, l’agence Alors Studio simplifie les parcours d’une maison de ville tout en gardant des pièces distinctes.

Victor Lemarchand
À Pantin, des seuils en bois remplacent les cloisons dans une maison de 60 m²
Un petit intérieur ouvert aux tons clairs : séjour avec canapé blanc, coin cuisine et niche d’étagères en bois.

En bref

  • Le projet Bois porte sur 60 m² d’une maison de ville en briques rouges à Pantin.
  • Un carrelage en mosaïque noire, des verrières et des cloisons retirées organisent les circulations.
  • Bouleau, béton ciré et mosaïque forment la palette réduite des pièces.
  • Le jardin en escalier sert de repère au projet.

Pour gagner en fluidité sans abattre toutes les séparations, AD Magazine décrit la méthode d’Alors Studio à Pantin : unifier les sols, ouvrir des vues par des verrières et distinguer les fonctions par des seuils et des niveaux plutôt que par des murs. L’agence signe la rénovation de 60 m² d’une maison de ville, dans un projet nommé Bois.

Une maison transformée sans être repensée

La demeure en briques rouges a connu de nombreuses modifications au fil des années, sans que son organisation soit réellement revue. Les circulations y étaient complexes. Les propriétaires ont donc demandé à l’agence de rénover une partie de la maison pour retrouver une lecture plus directe, menant au jardin en escalier, qui inspire l’ensemble du projet.

Sols continus, verrières et seuils

Le chantier s’est concentré sur « un gros projet invisible pour réunir toutes les circulations », selon Camille Marchal, cofondatrice de l’agence. L’objectif : de grands sols continus, des déplacements simplifiés et davantage de lumière. Des verrières ouvrent les perspectives, et un important travail a porté sur les cloisons qui étouffaient l’espace.

Séjour moderne avec canapé d’angle gris, mur de briques blanches, plafond en béton et cuisine ouverte au fond, sous des spots.
Photo d’illustration. Dans cette maison, le séjour s’ouvre sur la cuisine sans cloisons : une organisation de l’espace qui rappelle l’article sur Pantin, même si la photo ne montre pas ce lieu. Photo : Max Vakhtbovych / Pexels

Le carrelage en mosaïque noir brillant capte les reflets et assure une continuité visuelle entre les surfaces. Il guide aussi vers la salle à manger, cadrée par trois marches et deux grands poteaux en bois d’érable qui forment un seuil. Le séjour occupe un niveau plus élevé qu’elle.

Les architectes alternent ouvertures généreuses et passages étroits, et s’appuient sur les changements de niveau pour distinguer les fonctions sans cloisonner systématiquement. Ils décrivent une atmosphère « calme et sereine ».

Pièce par pièce, trois matières

La palette se limite au béton, à la mosaïque et au bois. Chaque pièce en décline une part différente.

Pièce Dispositif et matières
Cuisine Autrefois séparée des pièces de vie, elle s’atteint par un couloir plus étroit. Ses menuiseries sur mesure aux tonalités jaunes dominent, avec très peu de mobilier ajouté.
Salle à manger Un seuil de trois marches et de deux poteaux en érable la délimite, sans cloison.
Salon Béton ciré clair au sol et banquette en carrelage noir, qui prolonge la mosaïque sur toute la longueur de la pièce. Elle accueille objets de voyage et livres.
Séjour Mobilier plus imposant, avec un grand canapé vert et une table basse aux surfaces brillantes.

Les menuiseries de la cuisine et du reste de la maison sont signées Atelier Gauthier. Camille Marchal indique avoir utilisé « du bois de bouleau traité en massif et en placage, selon les dispositifs », un choix qui fait écho au jardin visible par la fenêtre de la cuisine.

Dans le séjour, une grande partie du mobilier n’atteint pas le plafond, ce qui laisse le mur blanc se propager au-dessus. La lumière et les perspectives conduisent le regard vers le jardin dès l’entrée, ce qui en fait le véritable repère du projet.

Photo : Max Vakhtbovych / Pexels

Victor Lemarchand

Victor Lemarchand a exercé une dizaine d'années dans une agence d'architecture à Rennes, surtout sur des projets de logements et d'équipements publics. Il écrit pour DB Design sur l'architecture : réhabilitations, bâtiments publics, matériaux biosourcés et maisons d'architecte. Il photographie les cages d'escalier de chaque ville qu'il visite.