Saint-Étienne : soupçons de favoritisme à la Cité du design
Après un audit estival, l’établissement saisit le procureur pour des soupçons de favoritisme et de détournements de fonds publics, estimés à 650 000 euros.

La Cité du design de Saint-Étienne a saisi le procureur de la République d’une plainte contre X. L’établissement public de coopération culturelle (EPCC), qui regroupe l’école supérieure d’art et design et les activités de diffusion du design, s’appuie sur l’audit interne mené pendant l’été. Il y évoque du favoritisme et des détournements de fonds publics présumés.
En bref
- L’établissement public de coopération culturelle (EPCC), qui regroupe l’école supérieure d’art et design et les activités de diffusion du design, s’appuie sur l’audit interne mené pendant l’été.
- Yannis Bekhti présente ce choix comme celui d’une nouvelle gouvernance.
- La suite dépend maintenant de la décision du parquet d’ouvrir ou non une enquête.
Une plainte contre X adossée à l’audit de l’été
Selon l’article d’ICI sur la plainte, le président de l’établissement, Yannis Bekhti, estime à 650 000 euros le total des faits soupçonnés. Il l’a indiqué à la radio locale, puis dans un communiqué publié le jeudi 8 octobre. La plainte vise surtout la façon dont l’EPCC a été géré et les marchés publics passés de 2018 à 2022.
D’après Le Progrès, le communiqué indique que l’audit s’est fait avec le concours de conseils juridiques. Les points relevés sur la gestion et sur les marchés de la période 2018-2022 justifient le recours au procureur. Le texte précise que c’est à la justice de déterminer ce qui s’est réellement passé, comment le qualifier et qui doit en répondre, le cas échéant.
Comme la plainte vise X, aucune personne n’y est nommément désignée. Aucune culpabilité n’est établie à ce stade, et ni les entreprises ni les marchés concernés n’ont été détaillés publiquement.

Le conseil d’administration, l’État et la Métropole
Le conseil d’administration a été mis au courant du dépôt le 8 octobre. Saint-Étienne Métropole et l’État, qui y siègent, participent à la démarche, selon les deux médias.
Yannis Bekhti présente ce choix comme celui d’une nouvelle gouvernance. Celle-ci entend, dit-il, « protéger l’établissement et l’intérêt public », et redonner confiance, crédibilité et bonne image à la Cité du design. Selon Lyon Capitale, il préside l’EPCC depuis juin 2026. Le même média rappelle que l’établissement, dont les missions ont été recentrées depuis le 1er janvier 2024 sur l’enseignement-recherche et la diffusion culturelle du design, forme environ 400 étudiants.
Suspension, intérim et climat social
La procédure avait déjà des effets internes avant l’annonce de la plainte :
- Jean-Yves Gauchier, secrétaire général de l’EPCC, a été suspendu à titre conservatoire. Lyon Capitale situe l’annonce au lundi 21 septembre et précise qu’il occupait ce poste depuis 2012.
- L’intérim est confié à Séverine Tardy, pour que les enseignements et les services continuent de fonctionner. Lyon Capitale la présente comme directrice générale adjointe de Saint-Étienne Métropole.
- Une enquête administrative interne se poursuit pour analyser la situation de l’établissement et améliorer un climat social que le plan social de 2024 a fortement dégradé.
Dans une interview au Progrès le 23 septembre, Yannis Bekhti expliquait que l’audit était parti d’une alerte sur « un climat social dégradé et des comportements individuels inappropriés ». Il disait aussi avoir soulevé des interrogations sur la passation de certains marchés publics, et vouloir préserver l’institution, son personnel, ses enseignants et ses élèves.
Un passé financier déjà judiciarisé
Lyon Capitale rappelle qu’en 2022, un déficit de 1,4 million d’euros avait conduit le président de l’époque à commander un audit puis à signaler la situation au procureur. L’ancien directeur Thierry Mandon avait ensuite été condamné par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne, en novembre 2024, à une peine d’un an d’emprisonnement avec sursis, assortie de 22 000 euros d’amende. Il a renoncé à faire appel, si bien que la décision est définitive.
Ce précédent donne un contexte, sans prouver de lien avec les marchés examinés aujourd’hui. Le même média insiste sur ce point, tout comme sur l’absence, pour l’instant, de nouvelle qualification pénale. Le rapport entre la suspension de Jean-Yves Gauchier et la plainte n’est pas non plus établi. La suite dépend maintenant de la décision du parquet d’ouvrir ou non une enquête.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Hélène Rival. Licence : CC BY-SA 4.0.
