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La Cité du design de Saint-Étienne saisit la justice après un audit

L’établissement stéphanois saisit le procureur pour des soupçons de favoritisme et de détournements de fonds publics, après un audit interne mené cet été.

Alice Fournel
La Cité du design de Saint-Étienne saisit la justice après un audit
La serre de la Platine à la Cité du design, sous sa verrière métallique.

La Cité du design de Saint-Étienne a déposé auprès du parquet, représenté par le procureur de la République, une plainte contre X. Annoncée le jeudi 8 octobre, cette démarche fait suite à un audit interne conduit pendant l’été, d’après ici.fr et Le Progrès. Les soupçons évoqués touchent au favoritisme et aux détournements de fonds publics, pour un montant total de 650 000 euros selon le président de l’établissement.

En bref

  • Annoncée le jeudi 8 octobre, cette démarche fait suite à un audit interne conduit pendant l’été, d’après ici.fr et Le Progrès .
  • Cette mesure est présentée comme conservatoire : elle vise à protéger l’établissement pendant les vérifications et ne préjuge pas des responsabilités.
  • Reste à savoir ce que le parquet décidera de la plainte déposée contre X.

Un établissement tourné vers l’enseignement du design

La structure concernée est l’établissement public de coopération culturelle (EPCC) Cité du design, Ésad Saint-Étienne. Selon Lyon Capitale, ses missions sont recentrées depuis le 1er janvier 2024 sur l’enseignement et la recherche, ainsi que sur la diffusion culturelle du design, et l’école accueille environ 400 étudiants. Son président, Yannis Bekhti, est en poste depuis juin, d’après le même média.

Saint-Étienne Métropole et l’État siègent au conseil d’administration de l’EPCC. Informé du dépôt de plainte le 8 octobre, ce conseil voit ses deux membres institutionnels s’associer à la démarche auprès de la justice, précise ici.fr.

Ce que vise la plainte

La plainte concerne surtout la manière dont l’établissement et son école ont été gérés, et l’attribution des marchés publics sur la période 2018-2022. Dans son communiqué, Yannis Bekhti indique que l’audit a été mené avec l’appui de conseils juridiques et que les éléments relevés justifient de saisir le procureur.

Comme la plainte vise X, personne n’est nommé : il s’agit de soupçons, pas de faits établis. Le président laisse à la justice le soin de dire ce qui s’est réellement passé, comment le qualifier et qui en répondrait. Aucune des sources consultées ne détaille les marchés ou les entreprises concernés, et aucune ne mentionne encore de suite donnée par le parquet.

Trois dates en moins de trois semaines

Le dépôt de la plainte couronne une séquence commencée à la fin de l’été, que les trois articles consultés permettent de reconstituer :

Date Événement
Lundi 21 septembre Annonce de la suspension à titre conservatoire du secrétaire général (Lyon Capitale)
23 septembre Interview de Yannis Bekhti au Progrès sur l’audit lancé cet été
Jeudi 8 octobre Communiqué annonçant la plainte contre X, conseil d’administration informé

Le secrétaire général suspendu, Jean-Yves Gauchier, occupait ce poste depuis 2012, selon Lyon Capitale. Cette mesure est présentée comme conservatoire : elle vise à protéger l’établissement pendant les vérifications et ne préjuge pas des responsabilités. Séverine Tardy, directrice générale adjointe de Saint-Étienne Métropole d’après le même média, assure l’intérim afin de garantir la continuité pédagogique et celle des services.

L’origine de l’audit : un climat social dégradé

Lors de l’interview du 23 septembre, le président expliquait le point de départ de la démarche :

« Nous avons été alertés par un climat social dégradé et des comportements individuels inappropriés »

Yannis Bekhti, président de l’EPCC Cité du design, Ésad Saint-Étienne

Il disait aussi avoir relevé des interrogations sur la passation de certains marchés publics, et vouloir protéger l’institution, les agents, le corps professoral et les élèves. Une enquête administrative interne se poursuit, avec pour objectif d’améliorer un climat social que le plan social conduit en 2024 a fortement affecté.

Lyon Capitale ajoute que cette enquête concerne aussi des faits reprochés à plusieurs personnes. Le maire de Saint-Étienne, Régis Juanico, avait indiqué que, selon ses conclusions, la collectivité pourrait saisir le procureur au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale ou déposer plainte.

Un précédent qui pèse sur l’image de l’établissement

La Cité du design a déjà connu une affaire financière. Lyon Capitale rappelle qu’un déficit de 1,4 million d’euros, découvert en 2022, avait conduit à un audit puis à un signalement au procureur. Thierry Mandon, alors à la tête de l’établissement, a été condamné en novembre 2024 par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne à un an de prison avec sursis et 22 000 euros d’amende. Son avocat a annoncé le 5 mai 2025 qu’il renonçait à faire appel.

Ce passé n’établit aucun lien avec les marchés aujourd’hui examinés, et le média lyonnais le souligne. La nouvelle direction, elle, affiche une ambition : pour Yannis Bekhti, la nouvelle gouvernance doit

« restaurer la confiance, la crédibilité et l’image de la Cité du design »

Yannis Bekhti, dans son communiqué du 8 octobre

Reste à savoir ce que le parquet décidera de la plainte déposée contre X.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Hélène Rival. Licence : CC BY-SA 4.0.

Alice Fournel

Alice Fournel a commencé dans le design automobile avant de travailler pour un fabricant de vélos urbains. Elle couvre pour DB Design le design des transports, les portraits de designers et l'art de vivre, avec un faible pour les objets qu'on garde longtemps. Elle se déplace à vélo cargo, même l'hiver.