À l’Aman Tokyo, un salon en papier washi et une baignoire creusée dans la pierre au sommet d’une tour
Tour de bureaux, forêt de Takagamine, parc national de Shima : l’architecte australien décline l’habitat japonais dans trois lieux très différents.

En bref
- Trois hôtels Aman japonais portent la signature de l’architecte Kerry Hill.
- Tokyo reprend la modularité de l’habitat nippon, Kyoto s’inspire du ryokan.
- L’Amanemu, près de la baie d’Ago, déploie les codes des minka.
Concevoir une maison japonaise au sommet d’une tour de bureaux : le défi posé à Kerry Hill, architecte australien, à l’Aman Tokyo, a trouvé sa réponse dans le papier, le bois et la pierre. Le même concepteur a ensuite signé l’Aman Kyoto puis l’Amanemu, selon AD Magazine, qui les passe en revue. Trois lieux, trois paysages, une même lecture de l’habitat nippon.
Tokyo, un refuge au milieu des gratte-ciel
Jusqu’en décembre 2014, le groupe Aman avait fait des lieux isolés sa signature : l’Amanpuri, à Phuket, bâti sur une ancienne plantation de cocotiers, ou l’Amandari, à Ubud, sur l’île de Bali. L’ouverture de l’Aman Tokyo marque donc un tournant, puisqu’il s’agit de son premier hôtel urbain, installé au sommet de l’Otemachi Tower, dans le quartier financier.
Le décor marie patrimoine local et esthétique contemporaine. Dans le lobby, une structure enveloppante en papier washi laisse passer la lumière, tandis qu’un bouquet d’ikebana change au fil des saisons. Dans les salles de bains, le basalte et le granit contrastent avec le bois, notamment le châtaignier, et les baignoires profondes semblent creusées dans la pierre.
Les chambres et suites reprennent la flexibilité, la modularité et le minimalisme de la maison japonaise : un panneau coulisse entre la chambre et la salle de bains, et le dressing se fond dans le décor.
À table et à la nuitée
Le restaurant Musashi by Aman propose l’omakase du chef Hiroyuki Musashi. Celui-ci cultive son propre riz à Hokuto, dans la préfecture de Yamanashi, depuis 2020. Le menu enchaîne des tsumami puis dix nigiri, dans la tradition edomae.
L’Aman Tokyo est affiché à partir de 1.447 € TTC la nuit en Tokyo Suite, en occupation double. Ce prix comprend le petit-déjeuner, le minibar hors alcool, des cours de bien-être et l’accès au spa, avec sa piscine intérieure de 30 mètres.

Kyoto, un ryokan revisité dans la forêt
Inauguré en 2019, l’Aman Kyoto est un ryokan revisité, également dessiné par Kerry Hill. Il occupe le quartier de Takagamine, au nord de la ville.
Plutôt qu’un bloc unique, l’architecte a imaginé plusieurs pavillons aux lignes épurées dont les silhouettes se fondent dans le paysage. Les fenêtres des chambres s’ouvrent sur la nature. Le petit déjeuner japonais peut être servi sur le tatami, et la baignoire est en hinoki, un bois clair réputé pour sa durabilité et sa résistance naturelle.
Dans le jardin, la maison de thé Senkutsu a été nommée par Zabōsai Sen Sōshitsu, grand maître Urasenke. Conçue par Sen Art Studio et Nakamura Sotoji Komuten, elle sert le thé dans un bol Raku, avec un wagashi.
Au restaurant Taka-An, le chef Shinichirō Takagi, doublement étoilé Michelin pour Zeniya à Kanazawa, travaille en omakase. Ses menus s’appuient sur le calendrier solaire japonais et ses 24 périodes.
Comparer les trois adresses
| Hôtel | Lieu | Parti pris |
|---|---|---|
| Aman Tokyo | Otemachi Tower, quartier financier | Maison japonaise en tour, washi, bois, pierre |
| Aman Kyoto | Takagamine, nord de Kyoto | Ryokan revisité, pavillons dans la forêt |
| Amanemu | Shima, parc national, baie d’Ago | Codes des minka, pavillons dans le relief |
À Kyoto, la nuit débute à partir de 2.309 € TTC en Susuki Suite, en occupation double, avec petit-déjeuner, boissons, afternoon tea, visite du jardin secret et accès aux bains onsen.
L’Amanemu, troisième adresse, se trouve à Shima, dans un parc national qui surplombe la baie d’Ago, région réputée pour la culture des perles. Depuis dix ans, l’hôtel reprend les codes des minka, maisons rurales traditionnelles, avec des pavillons intégrés au relief, des tonalités minérales et un usage marqué du bois.
Photo : Amelia Hallsworth / Pexels
